Le petit univers des adeptes du logiciel libre s'est réuni cette semaine à Genève. Les Linuxdays s'achevaient vendredi, l'occasion de faire le point sur l'utilisation des logiciels libres en Suisse romande.
A les entendre, la Suisse serait tour à tour, "le pays pauvre du logiciel libre" ou "véritable pionnier en la matière". Si les discours divergent tant, c'est aussi qu'il est difficile d'avoir une vision d'ensemble. Si Linux n'est pas aussi répandu qu'on ne pourrait le souhaiter, il existe en Suisse des projets pilotes intéressants tels que l'e-voting.
Open source ne veut pas dire gratuit
Sous l'appellation étriquée de «logiciel libre» se dessine toute une organisation, voire même une philosophie : les logiciels sont développés avec un langage ouvert et les codes sources sont publiés librement. Cela permet à toute autre personne d'intervenir dans ce code pour l'améliorer ou le modifier pour une utilisation différente, à condition de mettre ses découvertes à la disposition de tous.
Ces logiciels sont distribués sans paiement de licence. Ce qui ne veut pas dire cependant qu'on ne puisse pas les vendre. Il existe quantité de sociétés informatique qui proposent des solutions autour de ces logiciels libres.
En Suisse, pas assez
Quel est l'état des avancées des logiciels libres en Suisse? "La Suisse est le pays pauvre du logiciel libre" selon Myriam Schweingruber, porte-parole de Guillaume Tux, une association qui regroupe des défenseurs de Linux et qui s'occupe de l'information politique sur la question.
"Les exemples d'application des logiciels libres dans l'administration restent trop rares. Quant à connaître ses applications dans le domaine des entreprises, c'est extrêmement difficile de se faire une idée claire."
"Ce manque de lisibilité est aussi dû à la structure très parcellisée de l'administration en Suisse. A noter que les principaux obstacles au passage à des solutions non propriétaires viennent des administrateurs eux-mêmes, qui ont été formés sur Microsoft et qui ne souhaitent pas passer à un autre système."
"Pour ne donner qu'un exemple, en Allemagne, toute la ville de Munich passe sous Linux et le Bundestag a banni les logiciels de Microsoft, véritables "nids à virus", ajoute-t-elle.
La défense mise sur la sécurité open-source
Pour l'échange des documents électroniques, le Département fédéral de la défense a choisi un produit open-source. La sécurité peut de ce fait être entièrement vérifiée. Cette infrastructure à clé publique (PKI) présente l'avantage de pouvoir être modifiée et adaptée à toutes les application qui utilisent des certificats pour sécuriser l'information.
Le principal reproche essuyé par les systèmes propriétaires, parmi lesquels figure Microsoft, concerne souvent l'impossibilité d'aller corriger les failles dans la sécurité. Les partisans du logiciel libre en font d'ailleurs leur cheval de bataille : un code ouvert permet que l'on intervienne en interne directement sur les trous les plus récurrents, sans attendre les mises à jour d'un intervenant externe.
Les nouveaux cybercitoyens vaudois
C'est avec beaucoup de satisfaction que François Marthaler, le chef du Département des infrastructures, supporter de longue date des logiciels libres, inaugurait en avril dernier, le guichet virtuel de l'état civil.
«Si l'outil a été développé vite, à faibles coûts, c'est grâce au recours aux logiciels libres, vieille préoccupation de François Marthaler du temps où il était député. Les avantages sont financiers (puisque les logiciels sont libres de droit) et techniques, les échanges entre utilisateurs favorisant la souplesse».
Les avancées peut-être timides des logiciels libres touchent de plus en plus des postes importants, tels que l'exercice de ses droits civiques. La communauté européenne préconise le passage à ce type de solution: de là à dire que le logiciel libre est en passe de devenir le standard européen, il n'y a qu'un pas: un petit pas de géant.
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