PRESSE/IPO 2011 en Suisse: facteurs contradictoires sur les nouvelles cotations 

Genève (awp) - Les conditions pour que le nombre des nouvelles entrées à la Bourse suisse se reprenne en 2011 ne sont pas encore réunies, relève un article du "Temps" (édition du 24 décembre). L'argent bon marché grâce aux taux faibles permettet en effet aux sociétés de lever des capitaux à moindres coûts qu'à la bourse, selon le quotidien genevois. A l'inverse, la reprise des marchés actions est un éléments positif. Celle-ci démontre un regain de l'appétit au risque de la part des investisseurs.

Une douzaine de candidats seraient intéressés à faire leur entrée à la bourse suisse en 2011, note le journal vendredi. Le marché évoque entre autres les pistes d'Avaloq, Wisekey, ­Nov­Immune, De Sede ou encore Bally et Nycomed. Ainsi que les "serpents de mer" Selecta et Pilatus.

Cinq nouvelles sociétés se sont rendues accessible au grand public en 2009, sept l'année précédente, et dix en 2007, selon le quotidien genevois.

"Elles attendent néanmoins que toutes les conditions soient réunies et que les investisseurs répondent présent",

Mais la situation n'est pas encore véritablement optimale. Le but d'une première cotation est de lever des fonds afin de financer le développement. "Or, l'accès au crédit ne pose pas de problème particulier, avec des taux d'intérêt très favorables. Pour se financer, les entreprises n'ont donc pas forcément besoin de passer par la bourse", explique Philipp Hofstetter, associé chez PricewaterhouseCoopers Suisse (PwC).ce spécialiste cité par le quotidien.

Pour Roland Duss, économiste à la banque Gonet & Cie à Genève, les fondamentaux n'en demeurent pas moins favorables, "car les marchés boursiers se sont normalisés et les valorisations qu'il est possible d'obtenir sont décentes".

Marco Illy est aussi plutôt positif. Le responsable pour la Suisse de la banque d'investissement de Credit Suisse considère que "l'appétit au risque des investisseurs et l'injection de capitaux sur le marché des actions constituent un terreau fertile aux entrées en bourse". En ce qui concerne un éventuel calendrier, l'expert prévient qu'il faudra attendre les résultats annuels des éventuels candidats avant qu'ils ne se déclarent.

En d'autres termes, la première fenêtre favorable devrait s'ouvrir en mars, selon "Le Temps". La date peut en effet avoir une importance capitale. "Le succès dépendra du timing et du prix. Par exemple une entrée au moment où les spéculateurs attaquent la dette de l'Espagne pourrait s'avérer périlleuse", complète Roland Duss de Gonet & Cie.

Grâce à une progression boursière attendue à 13% l'an prochain par Credit Suisse, Marco Illy anticipe "durant les 24 prochains mois, des levées de capitaux de l'ordre de 11 milliards de francs par les potentiels candidats suisses à une IPO". Reste à savoir si ces fonds seront uniquement obtenus en bourse, souligne le quotidien.

Autre facteur susceptible d'accélérer les IPO: le capital investissement (private equity). Ces acteurs deviennent probablement impatients de céder leurs participations, d'après le journal, eux qui ont dû ronger leur frein lorsque l'économie était claudicante. Et une cotation constitue souvent le meilleur (et plus lucratif) moyen de sortir d'une entreprise.

En Europe, le marché des introductions en bourse a montré des signes de reprise au troisième trimestre 2010 (dernier chiffre connu). 85 nouvelles cotations ont été réalisées sur le Vieux ­Continent pour un montant total de fonds levés de 2474 millions d'euros (3088 millions de francs). Ce qui représente toutefois moins du tiers des 89 IPO du deuxième trimestre, selon PwC.

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